Dans une ruelle sicilienne, la charrette de monsieur Turi portait du jaune citron, du bleu mer et du rouge grenade.
Un soir de fatigue, le peintre laissa les pinceaux sales et les pots entrouverts, et le matin les couleurs semblaient ternes.
Nino ne demanda pas tout de suite à peindre; il lava, rangea, ferma et plia jusqu’à ce que la charrette respire de nouveau. Cela n’arriva pas comme une leçon, mais comme un petit changement dans l’air: assez doux pour que la nuit semble vivante.
Une petite clochette sonna toute seule, et les couleurs se réveillèrent plus vives qu’avant.
Les personnages ne se pressèrent pas. Ils firent un choix attentif, puis un autre, et l’histoire s’ouvrit devant eux comme un chemin calme au bord de la mer.
Nino peignit une barque et comprit que ranger ne met pas fin au jeu; cela permet de recommencer.
La nuit redevint tranquille, et cette petite découverte put accompagner le sommeil.
Et lorsque la nuit redevint douce, l’enfant qui écoute pouvait emporter une chose simple: tout n’a pas besoin d’être forcé; certaines choses s’éclairent quand on avance avec délicatesse.
Rituel de lecture: Lire lentement, avec des pauses douces entre les scènes et une voix du soir.
