Nannino adorait construire des châteaux de sable près de la vieille tour, avec des murs, des fenêtres, des chemins et même une place pour le chat du roi.
À cette heure-là, le jour ne finissait pas d’un seul coup. Il se pliait lentement: une ombre bleue sur le mur, la mer plus basse, l’odeur tiède de la pierre, des feuilles et du repas qui venait des maisons voisines.
Quand la marée commença à monter, il se plaça devant son château parfait et voulut que la mer attende.
La nuit répondit sans bruit. Les vagues ne faisaient pas que défaire le château; elles creusaient des rivières, des ports, des îles et des flaques de lune dans le sable. Personne ne l’annonça; cela apparut simplement, comme apparaît la meilleure magie du soir: assez proche pour être touchée, assez douce pour ne faire peur à personne.
Au début, Nannino défendit chaque mur, puis il s’assit et regarda ce que chaque vague inventait.
Alors l’histoire se mit à avancer par petits pas. Il n’y avait pas de course, pas de grande leçon, pas de discours d’adulte pour tout expliquer. Il commença à creuser des canaux pour l’eau et découvrit que la mer pouvait jouer avec lui, et non contre lui.
Puis vint le moment où la petite difficulté changea de forme. Le château n’était plus parfait, mais il était devenu un port, une île et un rêve argenté.
La lune resta au-dessus des toits et le lieu redevint tranquille. Ce qui semblait confus ou trop grand était maintenant composé de petites choses: un souffle, un regard, un geste attentif, un nouvel essai.
Nannino garda seulement le petit drapeau bleu et un coquillage rose, laissa le reste à la mer et se promit un nouveau château pour demain.
Quand le sommeil arriva enfin, il vint doucement. L’enfant qui écoute l’histoire peut presque entendre ce que les personnages ont appris: aller lentement, regarder ce qui est proche et laisser la nuit devenir une amie.
Rituel de lecture: Lire lentement, en laissant une pause douce entre les scènes pour que l’enfant voie le lieu avant de nommer l’émotion.
